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Réhabiliter l'hydroélectricité et refuser les mensonges


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1ere partie: La proposition de Plan de développement 1993

La proposition de Plan de développement est prudente et conservatrice. Il nous semble qu'Hydro-Québec tente d'atténuer le caractère passionnel du débat actuel dans lequel le développement hydroélectrique est férocement condamné. Ainsi, on n'y présente "pas de recommandations précises concernant des centrales particulières ou d'autres projets de production spécifiques nécessaires au-delà de l'an 2000". On remet à plus tard ces décisions impopulaires et déchirantes.

La proposition montre cependant assez explicitement qu'Hydro-Québec continue à privilégier la filière hydroélectrique dans la production d'énergie et ceci nous semble le choix de développement le plus soutenable et le plus durable (du côté de la production). Nous justifions notre appui au développement hydroélectrique dans la seconde partie du présent mémoire.

La proposition de Plan de développement vise aussi à répondre partiellement à plusieurs des préoccupations manifestées par les intervenants lors des consultations tenues de novembre 1991 à juin 1992. Il en va ainsi de l'accent mis sur la concertation (particulièrement avec les communautés autochtones), l'efficacité énergétique, la cogénération et les centrales hydroélectriques de moyenne envergure comme filières d'appoint, la qualité du service, la tarification saisonnière, la limitation des hausses de tarif au niveau de l'inflation, les industries à forte consommation d'électricité.

La concertation
Même s'il n'est pas "politiquement correct" ni surtout politiquement prudent de le faire, nous tenons à nous démarquer de l'attitude qui consiste à condamner systématiquement toutes les interventions d'Hydro-Québec et des gouvernements auprès des communautés autochtones du Nord québécois. Nous ne voulons aucunement déprécier l'importance et la légitimité de la volonté des communautés autochtones d'assurer leur sécurité culturelle et leur bien-être à leur façon. Cette préservation doit être assurée dans toute la mesure du possible. Et nous observons justement que la Convention de la Baie-James et du Nord québécois ainsi que ses amendements et ses dispositions financières, sociales et environnementales sont exemplaires à cet égard. Il ne s'agit aucunement de charité ou de paternalisme, mais bien d'un contrat social remarquablement responsable (même s'il est améliorable). Le Nord du Québec génère une bonne partie de notre richesse collective et de notre développement - dans ce qu'il a de plus soutenable et durable - et il est normal de protéger les habitants de ces territoires contre les dérangements physiques et sociaux indéniables qu'occasionnent ces activités.

Aussi proposons-nous d'étendre ce contrat social aux communautés autochtones du Nord-Est du Québec. Nous suggérons d'y créer l'équivalent des terres de catégorie I, II et III qui accompagneraient les futurs projets hydroélectriques. Nous suggérons également de financer, à même les projets hydroélectriques (quitte à augmenter les coûts de production) et dans leurs aires d'influence, des mesures de conservation telles que la création de grands parcs ou de réserves de la biosphère et la création de centaines d'emplois de "stewards" de la nature. On parviendrait ainsi à une internalisation satisfaisante des coûts sociaux, culturels et environnementaux du développement hydroélectrique (qui est déjà l'une des formes de développement externalisant le moins ses effets par le confinement géographique de ses impacts).

Nous proposons d'accentuer ainsi la concertation qui est déjà, ici, exemplaire à l'échelle mondiale, quoiqu'en disent certains démagogues mal informés ou menteurs.

L'efficacité énergétique et la gestion de la consommation
L'option A d'efficacité énergétique proposée par Hydro-Québec constitue un effort modeste, mais réel, qui donne la mesure de ce qui est réalisable à l'intérieur des règles du jeu actuelles dans le domaine des économies d'énergie. Hydro-Québec prévoit mettre en oeuvre des mesures d'économies d'énergie s'élevant progressivement jusqu'à 9,3 térawattheures par année en l'an 2000. Il est malheureusement de bon ton de déprécier les efforts d'Hydro-Québec dans ce domaine et de prétendre que les Américains et les Ontariens font beaucoup plus et beaucoup mieux. Les chiffres fournis par le tableau 10 (page 37) de l'annexe "Efficacité énergétique" du Plan de développement 1993 semblent pourtant indiquer que le Québec se trouve dans une situation tout à fait comparable. Ceci est remarquable, surtout si on tient compte du fait que le prix de l'électricité est beaucoup plus bas au Québec qu'ailleurs (ce qui ne contribue pas à motiver les consommateurs à économiser), que les effets croisés y sont plus importants qu'ailleurs (en raison de la longueur de la saison froide et de la faible durée d'utilisation annuelle des appareils de climatisation) et que nos maisons sont déjà relativement bien isolées.

En effet, le programme d'économies d'énergie proposé par Hydro-Québec comporte la plupart des éléments prescrits par les spécialistes nationaux et mondiaux de l'efficacité énergétique (Lovins, 1976; Flavin, 1988; Torrie et Brooks,1988): de l'éclairage extérieur à la cogénération, en passant par les électroménagers plus efficaces, les fluorescents compacts et les moteurs industriels à haut rendement, sans oublier l'éducation et le développement d'une expertise en matière d'efficacité énergétique. Il ne faut pas non plus oublier que le programme repose sur un budget de deux milliards de dollars en dix ans, ce qui n'est pas rien.

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