Réhabiliter l'hydroélectricité et refuser les mensonges
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L'hydroélectricité permet aux Québécois, qui sont pourtant de gros consommateurs d'énergie, d'émettre deux fois moins
d'oxydes d'azote et de gaz carbonique, per capita, que les Américains et les autres Canadiens. Couplée à une stratégie
d'économie d'énergie, de substitution d'énergie (remplacement des combustibles fossiles par l'hydroélectricité) et d'arrêt de
l'étalement urbain, l'hydroélectricité pourrait permettre au Québec d'atteindre le niveau net de "zéro de pollution". Pourtant, le
développement hydroélectrique est actuellement presque complètement discrédité dans la communauté écologiste mondiale et
dans une portion de l'opinion publique (apparemment plus que les autres formes de production d'énergie).
Nous sommes des écologistes sincères, expérimentés et informés. Et nous croyons que ce dénigrement du développement
hydroélectrique est, en pratique, une erreur grave, particulièrement dans le contexte du développement soutenable et à la suite de
la signature par le Canada, en juin 1992 à Rio, de la nouvelle Convention-cadre des Nations unies sur les changements
climatiques (qui vise à stabiliser, puis à diminuer les émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés). Nous croyons qu'il
est urgent et impérieux, au nom du bon sens, de la rigueur scientifique et d'une saine gestion de l'environnement, d'entreprendre la
réhabilitation de l'hydroélectricité comme élément central d'un développement soutenable et durable, et ce, particulièrement dans
le cas du Québec. C'est cette nécessaire réhabilitation que nous entreprenons dans la deuxième partie du présent mémoire, dans
le contexte d'une critique de la proposition de Plan de développement 1993 d'Hydro-Québec.
Nous croyons également que nous, les écologistes, devons refuser et dénoncer les mensonges grossiers colportés par les lobbies
anti-hydroélectriques. Ces innombrables mensonges, s'ils sont tolérés, déshonorent le mouvement écologiste et risquent, à long
terme, de le discréditer. Ces mensonges profitent aux lobbies des combustibles fossiles et du nucléaire et nuisent au
développement soutenable. Il ne se passe d'ailleurs pas une semaine sans que le développement hydroélectrique de la
Baie-James ne fasse l'objet d'attaques mensongères aux États-Unis ou au Canada. À force d'être répétés sans être démentis, les
pires mensonges finissent pas apparaître comme des faits. Nous craignons que ces campagnes de désinformation, contraires au
bon sens et à la rigueur scientifique que nécessite le débat entourant les enjeux du projet Grande Baleine, aient fait des ravages
importants pour l'image du Québec et de l'hydroélectricité. Il est temps que des Québécois de tous les horizons, et en premier
lieu ceux des milieux écologistes et scientifiques, se lèvent et se décident à aller contrer sur leur propre terrain ceux qui utilisent
des arguments qui ne respectent même pas la simple réalité des faits. Il ne faut pas attendre, pour intervenir, que le Québec soit à
tout jamais identifié aux États-Unis ou dans le monde comme le Tchernobyl du nord et que les Québécois(es) soient reconnu(e)s
comme les "Frankenstein" de l'environnement. Il ne faut pas laisser à des organismes dont les mensonges tiennent lieu
d'arguments d'établir le cadre de référence pour des enjeux aussi majeurs. Car si cela continue, le monde entier dira qu'il y a eu
trois catastrophes écologiques majeures en cette fin de XXe siècle: l'Amazonie, Tchernobyl et... la Baie-James, au Québec. Le
silence n'est plus une solution de prudence. Le risque est trop grand. C'est en effet du développement durable du Québec, de ses
responsabilités internationales en matière de protection de l'atmosphère ainsi que de l'avenir de nos enfants dont il s'agit. Nous
entreprenons donc la dénonciation des mensonges dans la troisième partie du présent mémoire.
Quant à la première partie du mémoire, elle traite directement de la proposition de Plan de développement d'Hydro-Québec.
Nous y réitérons notre appui explicite à la filière hydroélectrique (et, dans une moindre mesure, à la filière éolienne, avec
cependant plusieurs réserves) en ce qui concerne la production d'énergie. Nous recommandons de rejeter la "tentation
thermique" sous toutes ses formes. Et nous incitons les intervenants à la plus grande prudence en ce qui concerne la cogénération
qui pourrait devenir, dans le contexte québécois, une filière thermique déguisée. Nous insistons également sur la nécessité, si la
société québécoise et son gouvernement désirent aller plus loin qu'Hydro-Québec dans les mesures d'efficacité énergétique (que
nous appuyons sans réserve, mais dont nous sommes conscients des limites dans le contexte actuel des prix de l'énergie), de
gérer la demande (à la baisse, par des taxes de conservation sur l'électricité), sans cependant oublier de taxer beaucoup plus
lourdement la consommation des énergies fossiles, particulièrement celles qui attisent la tendance à l'étalement urbain. Enfin, nous
croyons que l'exportation d'électricité est souhaitable si on peut s'assurer qu'elle servira à remplacer des combustibles fossiles,
Pour nous, écologistes, les frontières n'ont aucune importance, qu'il s'agisse d'exportations d'hydroélectricité, de pluies acides ou
de gaz à effet de serre.
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