Mémoire pour le Débat public sur l'énergie au Québec Septembre 1995
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Partie 3: Le choix des filières énergétiques
Le sens intrinsèque du concept de développement soutenable est clair : il s'agit d'un type de développement qui pourrait être
généralisé et perpétué sans s'autodétruire ou sans s'autocontredire. Un développement fondé sur des énergies fossiles épuisables
et polluantes, qui détruit sa propre base de ressources et le bien-être qu'il est censé apporter, est assez clairement insoutenable.
Un projet de développement hydroélectrique dont le réservoir sera comblé par les sédiments au bout de trente ans est également
autocontradictoire et constitue donc clairement un développement insoutenable. Un projet hydroélectrique qui déplace des
populations, sans mesures compensatoires adéquates, et plonge ainsi des dizaines de milliers de citoyens dans la misère de l'exil,
est également autocontradictoire dans ses prétentions au progrès social; il est assez clairement insoutenable.
Le développement hydroélectrique des 30 dernières années au Québec échappe à cette autocontradiction: il a permis de
diminuer massivement les émissions polluantes du Québec, il est inépuisable et les populations directement touchées ont vu leurs
conditions de vie s'améliorer (espérance de vie, richesse, éducation, culture, etc.). Ce développement est clairement soutenable
même s'il a été dérangeant et difficile. Mais qui prétendra qu'un devoir aussi exigeant que le devoir de développement soutenable
devrait nécessairement être la voie la plus facile à court terme?
Il est de bon ton d'admettre que la filière hydroélectrique est moins pire que les filières thermiques mais que, de toutes façons,
nous n'en avons plus besoin grâce aux surplus actuels et au potentiel des économies d'énergie. C'est négliger le fait que le bilan
énergétique actuel de l'Amérique du Nord est encore très largement dominé par les combustibles fossiles (gaz, pétrole et
charbon) et que les économies d'énergie, dans ce contexte, doivent d'abord servir à remplacer ces sources d'énergie fossiles non
soutenables. Vouloir remplacer le développement hydroélectrique par des économies d'énergie, dans un tel contexte, est
analogue à vouloir diminuer la consommation d'énergie dans le secteur des transports en commençant par couper dans la
croissance des transports publics...
En fait, le développement hydroélectrique et les économies d'énergie ne sont pas des antagonistes (d'autant que le
développement hydroélectrique constitue, en soi, une puissante mesure d'efficacité énergétique). Ce sont des alliés puissants,
capables de mener le Québec à un bilan net de "zéro de pollution". L'imposition progressive de taxes de nuisance sur la
consommation des combustibles fossiles pourrait permettre une transition en douceur vers une telle politique énergétique
soutenable.
La partie 3 du mémoire, en 34 questions et réponses, vise à démontrer que le développement hydroélectrique des 30 dernières
années au Québec (et celui de l'avenir) constitue un type de développement éminemment soutenable et durable.
Les sections 3.01 à 3.32 ont été retranchées. Certaines de ces sections se retrouveront dans un livre qui sera publié sous
peu.
Nous avons tenu à présenter les questions de la PIR et de la diversification qui possiblement pourraient devenir certain des
éléments de la politique énergétique du Québec.
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