La ville plus attrayante
que la banlieue??? Par Monique Laforge
La formule de la qualité équivalent-bungalow
La qualité équivalent-bungalow est une formule de réhabilitation des centres-villes pour y créer une qualité de vie soutenable. La QEB tient compte des nombreux facteurs qui déterminent
la qualité de vie, tout en minimisant la consommation d'énergie et les déplacements. Grâce à la QEB, une famille qui vit dans un triplex en milieu urbain pourrait, par exemple, bénéficier du
même nombre d'avantages qu'une autre famille vivant dans un bungalow de banlieue. La formule vise, en effet, à agencer un train de mesures d'aménagement et de mesures fiscales qui
permettraient d'améliorer considérablement les quartiers urbains de moyenne et de haute densité. Ces changements hausseraient l'ensemble des qualités et avantages de la vie en ville au
même niveau que l'ensemble des qualités et avantages offerts par la vie dans les bungalows des banlieues, et, ce, sans augmenter la consommation énergétique des milieux urbains.
Concrètement, la qualité équivalent-bungalow pourrait se traduire par des mesures favorisant l'accès à des espaces perdus », comme les toits et les ruelles. Dans les villes
nord-américaines, les toits plats se prêtent fort bien à l'aménagement de jardins-terrasses, qui pourraient augmenter de beaucoup la surface d'espaces verts en milieu urbain. La présence
accrue de végétation servirait également à abaisser la température d'un ou deux degrés durant l'été, ce qui n'est pas négligeable en période de canicule!
Les ruelles gagneraient aussi à être transformées en espaces privés ou semi-privés de loisir, bloqués aux deux extrémités. Les enfants pourraient y jouer en toute tranquillité et l'on pourrait
y aménager des jardins communautaires. Pour pallier les problèmes de stationnement, les résidents auraient droit à un espace privé en bordure de rue. Les logements pourraient être
insonorisés, ce qui favoriserait une intimité accrue. Des mesures fiscale et administratives devraient être instaurées de façon à favoriser l'accès à la propriété de leur logement par les
locataires.
Pour concrétiser le rêve, une taxe sur l'essence
Toutes ces modifications demandent des investissements et la solution à ce manque à gagner réside dans une taxe de dix sous par litre d'essence et de diesel. Si cette taxe était présentée
comme un moyen de limiter les émissions de gaz à effet de serre, elle passerait probablement; les gens s'habitueraient , nous dit Yves Guérard. Les automobilistes polluent; il faut leur
donner un moyen de s'amender! »
Grâce à cette taxe, il serait possible de créer, au Québec, un fonds d'un milliard de dollars par année. Cette somme proviendrait en majeure partie des poches de banlieusards, qui
consomment plus d'essence que les résidents des milieux urbains. Plusieurs mesures d'aménagement pourraient ainsi être subventionnées complètement à partir d'une taxe sur l'essence. À
Montréal seulement, il existe environ 400 000 logements qui pourraient être améliorés afin que les gens qui travaillent au centre-ville aient envie d'y habiter. Et ces logements sont situés
dans des quartiers hautement efficaces sur le plan énergétique, à cause de leur densité élevée », assure Yves Guérard.
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