La ville plus attrayante que la banlieue? Par Monique Laforge
Malgré ses nombreux avantages, la vie en ville a aussi ses inconvénients: logements mal insonorisés, manque d'espaces verts et de lieux sécuritaires pour les enfants, problèmes de stationnement, etc.
Avec la venue d'un deuxième enfant, bien des familles succombent aux attraits de la banlieue. L'exode vers le bungalow représente souvent la façon idéale de concrétiser leur rêve de
propriété privée, de tranquillité et de vie plus écologique ».
En 1991, la Maison de l'environnement Pétro-Canada, conçue par l'architecte Hubert Chamberland pour la Fondation québécoise en environnement, fait son apparition au salon national
de l'habitation. Les matériaux et les appareils intégrés à la nouvelle maison font miroiter d'intéressantes économies d'énergie. La Maison Pétro-Canada s'orne même d'une éolienne et de
panneaux solaires. Le rêve prendrait-il forme? Comment rester indifférent à ces attraits, d'autant plus alléchants qu'ils portent le sceau vert »?
Cette fameuse maison ne résiste pourtant pas très longtemps aux analyses serrées du Groupe de recherche appliquée en macroécologie (GRAME). Le GRAME en décèle rapidement les
vices cachés et met le doigt sur le plus grand handicap d'une telle maison: typiquement banlieusard, ce modèle d'habitation occupe une grande surface de terrain et favorise l'étalement
urbain. La densité d'un développement basé sur ce type de logement serait d'environ 13 personnes par hectare. D'après une étude du GRAME, une famille déménageant de Montréal(où
la densité est d'environ 50 personnes par hectare) à une Maison de l'environnement en banlieue, verrait sa consommation d'essence passer de 500 à 2 000 litres par personne, par année.
De plus, l'espacement des habitations exigerait jusqu'à sept fois plus de tuyauterie, de trottoirs, de rues etc. Et bien sûr, il faut souvent s'acheter une deuxième voiture, parfois même une
troisième pour les enfants. L'environnement en prend un coup...
Pour les gens du GRAME, la solution écologique ne réside pas dans une fuite vers la banlieue, mais bien dans un réaménagement des zones à moyenne et haute densité des villes. Si tout
le monde vivait en banlieue, dans une Maison de l'environnement, la consommation mondiale d'essence serait multipliée par dix », estime Yves Guérard, président du GRAME. Et que
dire de la perte des terres agricoles qu'occasionneraient de tels développements?
Vivre en milieu urbain offre de nombreux avantages, dont la proximité des lieux de travail et d'études, la possibilité de se déplacer à pied, en vélo ou en transport en commun et la
diversité des activités culturelles et sportives. Avec un peu d'effort et d'imagination, il est possible de créer des aménagements beaucoup plus intéressants à partir des conditions actuelles
de la vie dans les centres urbains. C'est ainsi qu'entre en jeu l'idée brillante du GRAME: la qualité équivalent-bungalow(QEB).
Toits-terrasses, ruelles-parcs, jardins communautaires et insonorisation des logements, voilà autant de mesures que prévoit le concept de la qualité équivalent-bungalow.
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