Sécurité sociale pour les femmes du tiers monde
Par Yves Guérard, Martin Sévigny et Nicole Giasson
L'aide classique au développement n'agit pas sur cette dynamique de croissance des populations et sur la spirale de la pauvreté qui en résulte. Ainsi, par exemple, l'aide alimentaire ou
médicale d'urgence (dont la nécessité ne doit pas être remise en question) ne règle pas le problème de fond d'une population qui augmente sans arrêt et plus rapidement que ses
ressources vitales, une population dont la survie à long terme dépendra totalement de la charité internationale.
Généralement, l'aide au développement voit son efficacité diminuée par une distribution très inéquitable des bénéfices, par la mise en place de projets inapropriés et par un exode de la
main-d'oeuvre autochtone qui a profité d'une formation spécialisée et qui recherche des salaires plus avantageux ailleurs. Cette aide est également indissociable des prêts qui ont enfoncé
les pays du Sud dans un endettement étouffant. De toute façon, en l'absence de la mise en place d'une politique de stabilisation démographique efficace, tous les efforts de reconstruction,
même ceux qui sont intelligement conçus et appliqués, sont voués à l'échecs.
Vers la stabilisation démographique
Une population déjà nombreuse peut améliorer sa situation si la croissance démographique est stabilisée. Celle-ci peut alors travailler à la reconstruction et à l'entretien de ses ressources
vitales et procurer un peu de bonheur aux individus. L'exemple de la ville de Hong Kong est particulièrement éloquent en ce sens. Cette ville surpeuplée a réussi à contrer le phénomène
de l'explosion démographique en ramenant le taux de fécondité à 1,3 enfant par femme (le taux le plus bas au monde). En stabilisant sa population, elle a pu améliorer la condition de vie
des habitants. Honk kong est désormais une ville prospère et la population est bien logée.
La solution au problème de l'explosion démographique nécessite qu'on rende accessible aux femmes du Tiers monde un certain nombre d'outils menant à la stabilisation démographique,
soit l'instruction, des soins de santé et la sécurité financière. Il faut aussi qu'elles acquièrent un pouvoir économique et politique au sein de la famille et de la société. Enfin, elles doivent
avoir la possibilité de se valoriser autrement que par leur fécondité biologique.
Ainsi, pour stabiliser la population des pays les plus pauvres, les pays riches devront offrir aux femmes de là-bas l'accès à un système de régulation intégrant tous ces avantages et dont le
fonctionnement sera parfaitement mécanique et proportionnel au coût, un mécanisme dont l'effet ne sera pas annihilé par la croissance de la population. La mise en place d'un programme
de sécurité sociale pour les femmes du Tiers monde pratiquant la planification des naissances est sans doute l'outil le plus adéquat. Si une forte proportion des femmes du Tiers monde se
prévalent du programme, il sera certes coûteux. Mais les phénomènes de l'explosion démographique, de la misère chronique et de l'avillissement des femmes disparaîtront. A l'opposé, si
peu de femmes participent à un tel programme, l'impact sur le taux de croissance sera faible, mais le coût du système sera lui aussi peu élevé.
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